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En images, les dommages, avaries, dégâts qui peuvent survenir sur un bateau de plaisance. Et l'utilité d'un expert maritime et fluvial plaisanceExpertise Maritime et Fluviale Plaisance
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Corrosion coque métallique -acier, aluminium- bateau de plaisance


CORROSION


Micro-fissures dues à la corrosion vues au microscope à balayage. Ces fissures sont invisibles à l'oeil nu, mais l'eau provoque et alimente une réaction chimique et la corrosion continue son travail jusqu'à destruction complète de l'élément.
La corrosion est une véritable dissolution (chimique ou électrochimique) du métal constitutif de la coque, résultat de son "oxydation", accompagnée d'un produit de réaction: c'est ce que l'on nomme familièrement "la rouille", que vous pouvez voir poindre ou s'étendre sur la coque d'un bateau ou sa superstructure. L'important ici, est qu'une coque métallique dans laquelle de telles micro-fissures sont présentes, perd progressivement toutes ses propriétés mécaniques. L'acier, l'aluminium, ou l'alliage de la coque se dissout littéralement et perd toute résistance. L'idéal est de prévenir la corrosion, on peut sous certaines conditions et grâce à des process précis endiguer le phénomène lorsque la corrosion reste circonscrite, mais il faut parfois faire dans le "chirurgical", comprenez le remplacement après découpage. Dans les cas les plus critiques, le coût des interventions serait tel qu'il vaut mieux songer à un autre bateau!

Parmi les idées discutables et qui ont la vie dure, il y a l'opinion selon laquelle une coque de bateau métallique serait beaucoup plus "résistante" pour peu que l'on change régulièrement les anodes sacrificielles. Outre le fait qu'il faudrait commencer par déterminer de quelle "résistance" on parle, à supposer que cette terminologie soit adéquate, l'arrière plan de cette opinion est sans doute que "puisque c'est plus dur et plus lourd", alors c'est moins exposé; ou encore que "puisque c'est initialement très solide, ça n'est pas près de se déformer ou perforer comme ça", ou enfin que "puisque les anodes sacrificielles jouent leur rôle de 'disjoncteur' chimique, il n'y a rien à craindre", et "ça"  (la coque du bateau) supporterait un entretien moins exigeant.

Or il faut voir, spectacle qui s'offre plus fréquemment qu'on ne le croit à l'expert maritime vraiment soucieux d'aller jusqu'au bout de sa démarche technique, les ravages que peut faire l'électrolyse (ou "corrosion galvanique", principale, mais non unique forme de corrosion) en quelques mois et a fortiori quelques années, sur une coque métallique, pour être convaincu du contraire.
Il faut
  • par exemple avoir sous les yeux le diagramme résultant d'un sondage de coque par ultrasons d'une unité dont les tôles ont perdu parfois plusieurs mm d'épaisseur et doivent être remplacées;
  • avoir inspecté des coques de bateaux ayant séjourné en eau douce sans aucune protection de carène renouvelée et efficace, comme "mises à nu" presque comme si elles avaient été sablées, uniquement par réaction chimique acide;
  • avoir constaté d'authentiques perforations de tôles de bordés;
  • avoir vu des hélices piquées de nombreux trous et dont on peut presque sectionner les pales d'un simple coup sec;
  • avoir appliqué un ressuage sur une coque en aluminium et avoir vu apparaître une splendide mosaïque de trous, ou encore une magnifique "dentelle" tout autour de la liaison quille-coque;
  • avoir prescrit le remplacement de tôles sur des bateaux n'ayant quasiment pas quitté leur marina ou le port (ces pièges à électrolyse);
  • avoir vu des quilles se désagréger en raison de l'action nocive du couple chimique lié à leur conception d'origine (plomb/aluminium);
  • avoir vu des perforations de coque au niveau des ouvertures en raison de la mise en présence (continuité immédiate) de métaux "incompatibles" parce que présentant une différence de potentiel de dissolution élevé;
  • avoir été confronté à des plaisanciers qui doivent changer les anodes sacrificielles de leur bateau de plus en plus souvent et qui ne comprennent pas pourquoi (se lançant alors souvent dans une chasse au "bon" type d'anode sacrificielle);
  • inversement, avoir été consulté par des plaisanciers surpris et inquiets que leurs anodes sacrificielles ne se consument absolument pas, lors même qu'une corrosion très active se développait sur d'autres composantes de leur bateau;
  • Etc.

Il faut avoir vu tout cela donc, et bien d'autres manifestations du phénomène, pour être absolument convaincu et savoir que la corrosion est un mal qui peut être très actif, et que les coques métalliques y sont directement exposées, si elles ne sont pas efficacement protégées à la fois de l'extérieur et de l'intérieur, structurellement mais aussi de façon renouvelée.

D'ailleurs, si vous observez bien les propriétaires de bateau à coque métallique avertis et soigneux, vous constaterez:
  • qu'ils consacrent beaucoup de temps et d'argent à la préservation de leur patrimoine,
  • qu'ils traquent la moindre piqûre; 
  • qu'ils sélectionnent avec soin et précision les anodes sacrificielles qu'ils utilisent, les surveillant de façon parfois obsesionnelle (ah! les débats sur les fameuses pendanodes, par exemple...);
  • qu'ils sont obsédés par le choix du matériau de leurs vannes et passe-coques;
  • qu'ils examinent les caractéristiques techniques et matérielles de chacune de leurs pièces d'accastillage et d'armement;
  • qu'ils deviennent quasiment de véritables "pros" des joints à utiliser pour isoler les métaux qui ne doivent pas être en continuité électro-chimique;
  • qu'ils accordent la plus grande attention au type de peinture qu'ils utilisent sur la coque et les superstructures;
  • que, si vous êtes un néophyte, vous ne comprenez pas pourquoi ils procèdent (ou exigent) à tellement d'opérations spécifiques successives sur les oeuvres vives lors du carénage;
  • que la mise à terre périodique de leur unité va de soi, paradoxalement presque plus que pour un certain nombre de propriétaires de bateaux en polyester;
  • qu'ils sont d'une vigilance extrême sur les installations électriques de leur bateau, le schéma des circuits, les isolations;
  • qu'ils ont une approche de leur mâture et de leur gréement qui ne se limite absolument pas à l'aspect purement "vélique" mais aussi électrique;
  • qu'ils cherchent et prennent beaucoup conseil.
En résumé, toute les techniques d'entretien et d'intervention que déploient ces plaisanciers là, propriétaires d'un bateau à coque métallique, vous donnent à soupçonner que posséder une telle unité impose des exigences nombreuses et bien spécifiques pour neutraliser, par tous les moyens, l'oeuvre de la corrosion. Sous peine que, à terme, le cher bateau ne devienne qu'une épave, ou à tout le moins une source de très gros débours en même temps que de dangers.

Notons que les métallurgistes eux-mêmes, conscients depuis maintenant quelques années de la vulnérabilité des coques métalliques à la corrosion, ne sont pas en reste pour ce qui est de perfectionner les matériaux proposés, offrant une résistance accrue à l'électrolyse. On pensera par exemple à l'aluminium Strongall ®, et à la protection associée des coques de ces bateaux en aluminium au moyen de silicate de zinc mise au point par le Chantier META (69) (et aussi, au gain de poids exceptionnel, ainsi qu'à la résistance au cisaillement et à la rupture)

Alors, les coques métalliques plus "résistantes" que les coques en composite?
Peut-être, de façon très rapide et superficielle, si l'on veut utiliser un langage trop commun et trop imprécis, et si l'on ne tient aucun compte des nouveaux matériaux actuellement utilisés en architecture navale porteurs de performances exceptionnelles (rapport poids-résistance mécanique, résistance à la déformation et au cisaillement, souplesse offerte à l'ingénierie navale, longévité, facilité d'entretien - mais pour ces matériaux, le bilan budgétaire réclame un poste "bateau" largement doté!). Nous ne rentrerons pas ici dans le débat, car il faudrait aborder tous les aspects: coût, poids, performances physiques et mécaniques intrinsèques, rendu des performances en navigation pour l'unité construite, adéquation au projet architectural, réparabilité, longévité, sécurité, etc. (Il existe quelques très bons ouvrages techniques sur la question si vous êtes un passionné). Il faudrait aussi raisonner en termes de programme de navigation (type, espace géographique, conditions météos spécifiques, propriétés physiques de l'élément marin ou fluvial local, etc.)
.
Mais une chose est certaine, de façon basique, l'entretien d'un bateau à coque métallique est très exigeant pour lutter contre l'ennemi numéro 1: la corrosion..

Les coques métalliques ont besoin d'une double protection: une protection à l'égard des agressions physiques et aussi, et surtout, électro-chimiques.
La corrosion est protéiforme: filiforme, galvanique, intergranulaire, par piqûre, feuilletante, caverneuse, par cavitation, bactériologique. De bien jolis noms pour des réalités qui le sont moins pour la coque des bateaux, leur superstructure, leur accastillage, leur armement.

Votre expert maritime conseil connaît chacune de ces formes de corrosion et dispose à la fois des connaissances techniques, de l'expérience, et des supports technologiques adaptés (appareils de mesure d'épaisseur par ultrasons, de mesure de dureté, testeurs électriques, ou réactifs) lui permettant de les repérer, de les identifier, de définir leur extension exacte et d'identifier leur cause, si une ou plusieurs d'entre elles doivent affecter le bateau que vous lui demandez d'inspecter.
Dans les cas graves ou les litiges importants (car le coût de ces investigations est très élevé et l'unité de compte est de plusieurs K€...), l'expert maritime fait également appel à des laboratoires spécialisés et dotés d'instruments de haute technologie permettant de statuer sur la nature et l'étendue de l'altération dont souffre  l'élément du bateau ou la coque toute entière. (Le visuel qui prélude à cet article consacré à la corrosion vous en donne une illustration partielle).
Il saura également vous conseiller efficacement sur les différents procédés et dispositifs permettant d'agir de façon préventive et non pas seulement curative. Car les chimistes, les électriciens et électroniciens, certains accastilleurs spécialisés, les métallurgistes eux-mêmes, certains Chantiers navals bien précis,  se sont largement penchés sur la question et ont mis au service des plaisanciers possédant des bateaux à coque métallique à la fois des protections et des systèmes efficaces, sous réserve que les spécifications et conditions de mise en oeuvre soient pleinement respectées. Et même si vous ne voulez pas vous lancer dans des investissements parfois relativement conséquents, il existe des règles de base que votre expert maritime vous indiquera (ou vous prescrira, selon la situation, la mission, et le bateau) de telle sorte que la corrosion de la coque de votre bateau ne soit pas une fatalité.




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